Le château qui doit son nom de Grandval à l’élargissement de la vallée, se dresse de ses deux tours découronnées pour nous offrir le témoignage d’un passé à la fois riche et douloureux.……
Une magie mélancolique embrasse ses ruines fantomatiques noyées par les eaux du lac de Rassisse dont le barrage fut mis en service en 1954. Construit au milieu du XVe.s, entre 1450 et 1470, à la demande des vicomtes de Paulin par Bernard de Caudière seigneur de Bézacoul, il connaîtra ensuite différents successeurs. Au XVIIe.s, il échut d’abord aux, de Roquefeuil, puis à, Samuel Bernard (1651-1739) le fastueux financier parisien, banquier des rois Louis XIV et Louis XV, qui le remania et le restaura.Par la suite, il sera en la possession de Jean Bernard (1685-1746) marié à une de Fréjeville, aux marquis de Fréjeville, à M. de Charamaule en 1830, aux barons de Solignac qui lui rendirent toute sa beauté au XIXe .s puis à partir de 1895 aux Toulouse-Lautrec et enfin aux Arnould.
La façade principale est encadrée de deux tours rondes encore debout. Elle s’ouvrait sur un beau perron en fer à cheval donnant accès à une porte cintrée, en anse de panier avec d’élégantes fenêtres à meneaux de chaque côté. Malheureusement, aujourd’hui rien ne subsiste, même si les deux tours ont préservé leurs jolies fenêtres à colonnettes classiques. Mais de tous les témoignages anciens, c’était la richesse de la décoration intérieure, presque intacte jusqu’en juin 1944, qui donnait au château de Grandval une réputation exceptionnelle dans le département.L’abbé F. en fait une description en 1893 dans son étude ‘Albia Christiana`.L’ameublement Louis XV s’harmonisait alors avec la délicatesse des différentes tapisseries des Gobelins et autres ornementations élégantes comme une cheminée aux colonnettes à fines cannelures.En juin 1944, un groupe de la résistance locale s’installa en ses murs.
Ce fut le début du destin funeste du château de Grandval.
Au matin du 21 juin, les Allemands renseigné, incendiaire le château. Le Lt. Fritcher posa et alluma lui-même deux engins incendiaires.Aujourd’hui il fait le bonheur des promeneurs qui se laissent envoûter par la magie du lieu.
Teillet n’a pas toujours été le village paisible connu des promeneurs d’aujourd’hui. Lorsque la Réforme gagna peu à peu le Haut-Languedoc, Teillet devint avec Lombers et Réalmont l’une des trois principales places fortes protestantes du diocèse d’Albi.
Le village fut alors le théâtre de sanglants combats entre Catholiques et Huguenots. Son fort joua un rôle important, point de mire des armées catholiques.
C’est sur l’actuelle place de la Mairie que s’élevait autrefois le fort de Teillet.
Ce sont les vicomtes de Paulin et de Rabastens, possesseurs de Teillet, qui firent fortifier ce point stratégique vers 1440 : un avant poste du château de Paulin.
Un document retrouvé dans les archives de la vicomté précise les conditions de cette construction : ‘ Permission accordée par Philippe de Rabastens, chevalier, vicomte de Paulin à différents habitants de Teillet, Perremes, Calvairac, Plégades et autres masades y dénommés, de construire un fort audit Teillet avec murs, fossés, pals, tours et autres ouvrages de défense, sauf le droit du Roy, avec réservation de pouvoir en fixer la construction et l’étendue et d’y établir à perpétuité un capitaine commandant, sous une obole de censive pour chaque aune de terrain sur lequel on bâtirait des maisons dans ledit fort, avec les accaptes et arrière-accaptes et autres droits seigneuriaux de la vicomté, et sous les autres réservations y contenues, avec la reconnaissance et serment de la fidélité desdits habitants et leur promesse de construire ledit fort’
Aux mains des protestants, sous la protection de la vicomtesse de Paulin et la bienveillance de la population locale, le fort fut finalement repris par le seigneur de Grandval et mis ‘ au le service de sa Majesté’ le 2 mai 1622. Mais, suite aux plaintes répétées d’exactions commises par les protestants contre les catholiques et notamment celle du curé Jean Corras, la démolition du fort fut ordonnée par le roi Louis XIII cette même année. Le baron de Lescure en fut chargé.
Depuis le 22 juin 1622, la vicomtesse de Paulin, Madeleine de Vignolles, avec opiniâtreté avait réussi à retarder l’exécution des ordonnances royales. Elle avait lutté en accumulant procès sur procès pour conserver la place. Mais au printemps 1625 les travaux commencèrent.
Le 11 août de cette même année, Rohan, généralissime des armées huguenotes, détache Lusignan, un grand chef calviniste pour reprendre Teillet. Mais après un combat acharné dans laquel il perdit environ 200 de ses hommes, il dut finalement se retirer devant la grande résistance des catholiques. Quelques semaines après ‘le combat de Teillet’, le fort fut brûlé puis complètement rasé par les hommes du baron de Lescure.